CÉRAMIQUE CONTEMPORAINE

La galerie QSP*

Le Fil Rouge

Marina La Gall est née en Bretagne, il y a une trentaine d’années, près de Pont-Aven, au sein d’une famille d’agriculteurs. Elle a passé son enfance au milieu des animaux de la ferme.

Elle les connaît bien. Elle comprend leur caractère et leur réactions. Pour elle, les cochons sont plus intelligents que les chiens. Sa mère élevait des volailles. Elle a passé des heures à observer leurs comportements, leur façon de secouer leurs plumes, de chasser les importuns, et de lisser leur plumage. C’est toute la nature qui était à sa portée. Elle suivait son père à la chasse avec des pots de peinture et peignait les animaux tués par son père.

Pour elle, c’était une façon de leur rendre hommage. Mais qui d’autre a pensé à ça ? C’est le geste fondateur de l’artiste, mais elle ne le pensait pas comme tel. Elle était portée pas la force de son imagination, son amour de la nature et son goût pour le peinture.

Marina La Gall crée un univers, elle est portée par un amour de la nature et une imagination sans limite. Elle le dit « l’animal est un support pour parler d’autre chose ». Elle a trouvé l’écriture

qui traduit ses fables. C’est ainsi qu’elle s’est rapidement distinguée au sein du monde de la céramique et des arts plastiques.


BERNARD BACHELIER

Le Fil Rouge, Roubaix, photo Olivier Umecker
Le Fil Rouge, Roubaix, photo Olivier Umecker

Laurent Nicolas

Ligare

15 mai – 23 juillet 2021

Le fil rouge, Roubaix
Le fil rouge, Roubaix

Il est indéniable que nous ayons des liens forts avec l’argile et le le fil. 

La corde comme connexion physique, symbolique, spirituelle, scientifique ou même linguistique, associée à la céramique, toute aussi ancestrale, véhiculent toutes deux une notion universelle d’appartenance. Depuis leur apparition corde et céramique ont traversé les âges, l’homme a su les conserver et les faire évoluer. 

Tantôt Matière/Objet , tantôt Objet/Matière, et tout en étant modestes, l’une est porteuse de sens et de fonctionnalité, l’autre plus abstraite est substance à devenir. 

Que ce soit au travers d’installations telles que des Shimenawa ou Meoto Iwa japonais ou même des Quipus incas l’élément textile véhicule, comme l’élément argile des savoir-faire ancestraux spécifiques. En effet, les cultures développent ces deux éléments indépendamment l’un de l’autre, même si l’Histoire fera apparaitre à certains moments des relations fortes entre les deux. 

L’idée des connexions entre les individus, les peuples, les époques et les lieux sont 

au coeur du propos. Pour ce faire, les cordes, élément ancestral, et les noeuds, 

pratique des cordes sont pour Laurent l’émanation évidente que notre monde, et bien au delà, est constitué d’éléments liés les uns aux autres de manière directe ou indirecte.

Le fil rouge, Roubaix
Le fil rouge, Roubaix

Tifenn CHARLES-BLIN

Bonbon au poivre

19 mars – 8 mai 2021

Le fil rouge, Roubaix
Le fil rouge, Roubaix

Coloré, enfantin, cet amusegueule cache d’abord son jeu : adepte de la mascarade et du travestissement, il fonctionne sur le principe de la farce. Mi-sirupeux, mi-piquant, il chatouille ensuite les sens et produit des effets contradictoires. Si ma pratique devait être un bonbon, il serait probablement parfumé au poivre.


Dans cette exposition, il ne sera pas question de confiserie mais d’ambivalence, de dérision et de rire. Multiple, ce projet emprunte les chemins du bizarre et investit les énergies troubles du carnaval. Réalisées entre 2018 et 2021, ces productions articulent objets de récupération, arts textiles et figuration céramique. Toutes s’appuient sur une origine « matérielle » et « populaire » d’un médium qui n’opère pas de césure avec le quotidien et ses préoccupations.

La céramique s’est ainsi développée en dehors du champ esthétique. Soumise au processus de fabrication et aux aléas du matériau, la discipline a longtemps été considérée comme peu intellectuelle. Aujourd’hui, faire le choix de cet « art du faire », c’est s’ancrer dans une culture et un discours du matériau, en opposition avec des courants artistiques fondés sur la seule pensée rationnelle.

Le fil rouge, Roubaix
Le fil rouge, Roubaix

Jérôme HIRSON

À l’œuvre on connaît l’ouvrier

22 janvier – 13 mars 2021

Céramique contemporaine, Roubaix

Avec le grès

ATELIERS D’ART DE FRANCE


Faire corps avec la matière et réapprendre la lenteur des gestes : après quinze années passées à travailler à la chaîne dans l’industrie automobile, Jérôme Hirson a trouvé avec le grès de quoi

donner un nouvelle direction à sa vie d’ouvrier. Au tournage, il a préféré le modelage et le travail dans la masse pour réaliser des pièces utilitaires aux formes archaïques, presque archéologiques.

Fier de ses racines, il façonne également dans une terre chargée en manganèse de puissants monolithes telluriques où s’inscrivent l’histoire de sa vie et le souvenir des murs d’usines.

Ce long pain de terre chamottée reproduit l’implacable juxtaposition d’unités d’habitation toutes semblables, évoque l’alignement des petites maisons ouvrières et les toits d’usines. Ce bloc de terre respire par de fins interstices où la lumière se glisse comme pour contrebalancer la noirceur de l’ensemble.

Avec un jus d’émail et de l’oxyde de fer, il a matérialisé en surface une texture tourmentée, aux reflets bleu anthracite, rugueuse comme du charbon.

Ressuscitant avec tendresse, dans ce bloc de terre humble, la mémoire collective de la vie ouvrière.

Le fil rouge, Roubaix
Le fil rouge, Roubaix

© Le Fil Rouge – 2021

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